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Nous l’avons donc vu, une nouvelle forme de combat au bâton, le JO-JITSU, est apparu. L’auteur nous assure que ce nouvel art est en quelque sorte complémentaire (ce qui peut être d’ailleurs très vrai dans la réalité). En effet, Dr Justice n’a pas toujours à disposition un « JO » en cas de pépin. Cependant ces techniques se retrouvent maintenant plus ou moins régulièrement dans les histoires. Dans la vignette suivante, un « JO » improvisé et pour le moins inattendu.

Le JO-JITSU introduit une certaine originalité

S’il est un fait bien établi que Dr Justice est un expert (mais non un Maître…) redoutable en divers arts martiaux orientaux, on peut s’étonner qu’il ne tombe jamais sur un « os ». Ainsi lui est-il déjà arrivé par le passé de rencontrer des adversaires pratiquant également ou le Judo, ou le Karaté.

Dr Justice se fait surprendre

Ces confrontations pimentent d’autant l’histoire, ajoutent une pointe de suspens et rendent le personnage plus vulnérable. Le lecteur prend sûrement d’ailleurs un certain plaisir à voir quelques fois notre héros ainsi bousculé. L’auteur ne manque jamais de préciser au passage la faute du Doc qui aura péché par excès de confiance ou repli de vigilance…

Justice prit en défaut rétablit bien vite la situation

Notre héros, à cette occasion, en profite toujours pour faire une bénéfique autocritique. Et à nous faire réfléchir sur le fait que rien n’est jamais acquis dans ce bas monde, y compris pour les héros. Fort heureusement, Dr Justice s’en sort toujours victorieux,… n’est-il pas le « Gentil » dans cette histoire ? Mais revenons à l’art martial. Dans la vignette qui suit, le bâton est plus long et la manière de l’employer rappelle l’usage du « Bo », arme des fameux « KOBUDO ».

Un bâton plus long qui rappelle le BO

Toujours à propos de l’usage martial du bâton, l’auteur commet de nouveau quelques erreurs sans trop d’importance pour la trame de l’histoire. En effet, on nous apprend que « c’était une ancienne forme de combat pratiquée par les samouraïs d’Okinawa. En fait, les samouraïs utilisaient plutôt des armes plus nobles comme le sabre, même s’il existait des sabres de bois, redoutables et meurtriers. A priori, les samouraïs qui étaient en poste sur l’île d’Okinawa faisaient partie des envahisseurs japonais. Et ce sont les habitants qui étaient en face qui utilisaient les bâtons, ou Bo, pour se défendre. En effet, les armes tranchantes étant interdites, les occupants ancestraux de cette île ont du créer de nouvelles formes de combat à partir de ce qui leur tombait sous les mains: bâtons, nunchaku (ou fléau), tonfa, saï, etc.

Une erreur toute excusée

Ci-après, de nouveau cette dualité entre Samouraï et arme du KoBudo.

On imagine mal un samouraï se servant d’un nunchaku

Jusqu’ici ces vignettes spéciales, retournant dans le passé de Justice avec Maître Hiamuri, prônaient essentiellement les vertus du Judo et du Ju-Jitsu. On peut cependant noter ce dessin représentant deux élèves du Maître, dont l’un est sans doute Benjamin Justice. L’attaquant a typiquement une posture d’attaque de Karaté…

Une posture typique ZEN-KUTSU du Karaté

Cependant que cette même histoire du PIF 333 nous offre l’originalité de l’utilisation d’un bâton contre un nunchaku. Très bonne idée du scénariste qui nous montre cette confrontation et qui apporte du coup la solution face à cette arme redoutable qu’est le nunchaku.

Bâton contre Nunchaku

L’introduction de nouvelles armes se poursuit dans les aventures. Comme Dr justice ne peut évidemment se balader avec un tel dispositif et que l’on imagine aisément qu’une arme du Kobudo n’a pas sa place dans une mallette de médecin, on nous concocte une solution ma foi pour le moins singulière. Mais pourquoi pas, après tout ?

Dr Justice ne se laisse décidemment jamais prendre au dépourvu

Peut-on penser que Dr Justice pratique le Kobudo ? Sans nul doute oui. On retrouve d’ailleurs les postures et les déplacements du Karaté dans le maniement de ces armes. Beaucoup de karatékas complètent leur enseignement avec cet art martial qui a les mêmes racines okinawaïennes que le Karaté. L’entrainement aux armes permet de nouvelles sensations qui permettent également de progresser dans l’art du combat à mains nues.

Que sont les arts martiaux d’Extrême-Orient sans spiritualité ? Rien, ou rien de plus que d’autres sports de combat comme la boxe anglaise, par exemple. C’est d’ailleurs celà qui leur donne cette aura particulière et ce mystère. Tout ceci qui contribue à donner au vrai pratiquant une mention supérieure. C’est ainsi que, pour varier un peu l’intérêt de l’histoire, je suppose, l’auteur intègre une nouvelle dimension au personnage. En effet, l’art martial ne serait pas tout, ou du moins celui-ci intégrerait diverses techniques afin de fortifier le mental du pratiquant. On comprend que l’enseignement du Maître Hiamuri ne s’est pas limité aux seules techniques de projection et de pied-poing.

Concentration et énergie

On voit bien dans cet exemple le Doc dans quelque posture de Yoga. Rien de plus logique même si l’on eût préféré quelques allusions au QI-Qong ou au Taï-Chi-Chuan. On peut penser cependant que ces pratiques étant chinoises, leur introduction n’était pas facile au pays du soleil levant, l’ennemi de toujours. Et puis, ces dernières étant à l’époque assez méconnues, les auteurs n’ont pas eu le loisir de s’en servir.

L'art martial et la volonté de fer


Les exercices de casses, bois ou pierre, font partie de l’apprentissage des arts martiaux pied-poing. Au-delà du simple intérêt visuel en démonstration, celà peut servir de test au pratiquant.

Casse de porte

Cependant, on ne peut s’empêcher de penser que l’auteur a voulu introduire certains effets certes impressionnants mais quelque peu étonnants.

Une autre casse

En effet, on n’imagine mal un Karatéka ou tout adepte d’un quelconque autre art martial arriver à briser ainsi une massive porte de chêne. Même si la légende affirme que Anko Itosu, en son temps, Maître réputé de l’art de la main vide à Okinawa, a transpercé la porte de sa demeure afin de saisir un malandrin tapis contre celle-ci. De même dans la reproduction qui suit on nous montre Dr Justice dans une posture bien particulière, plutôt acrobatique.

Art martial ou acrobatie ?

Sans doute le scénariste a-t’il voulu conférer à son personnage d’autres capacités extraordinaires, le rapprochant certes du super héros mais plongeant peut-être le lecteur dans une certaine perplexité.
Je préfère un Dr Justice plus simple et « humain» comme on peut le voir dans ces magnifiques enchaînements que je vous offre ci-dessous

 

Nous en avons fini avec la période noir et blanc des aventures de Dr Justice dans PIF Gadget. Au fur et à mesure des années le personnage a dévoilé de multiples facettes et démontré la maîtrise de nombreux arts martiaux. La connaissance de toutes ces disciplines a permis aux auteurs d’exprimer totalement, et leur talent de scénariste, et leur don de dessinateur.
Dans un ultime volet de cet article nous survolerons la période couleur des aventures où nous apprendrons encore sur l’histoire martiale de Dr Justice...

 

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