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Dans toute la masse d’aventures de Dr Justice, il y a en a quelques unes qui se détachent des autres, ou qui nous plaisent plus pour diverses raisons. Soit que le sujet est d’une profondeur ou d’une originalité certaine, ou bien le scénario ou les dessins nous rappellent à des souvenirs personnels. Parmi ces histoires particulières, je relèverai celles qui se sont déroulées sur les lieux même de l’apprentissage de Benjamin Justice aux arts martiaux, à savoir le temple d’Okazaki. On peut ainsi recenser 3 histoires dont la première parue dans le PIF N°/131 est intitulée : « LES HOMMES DU SABRE ».

Ce 131ème PIF Gadget comporte dans le premier tiers supérieur un bandeau rouge sur lequel se détache le nom PIF Gadget, ce qui nous indique que nous sommes en plein dans la glorieuse PERIODE ROUGE, la plus riche aux yeux des connaisseurs. Nous découvrons en dernière page le nom du rédacteur en chef, un jeune inconnu dénommé… Richard Médioni ! et c’était en août 1971…

La première page nous laisse déjà entrevoir l’originalité de cet épisode avec un titre vertical évoquant vaguement les idéogrammes japonais. C’était l’époque des aventures en 20 planches permettant aux auteurs de donner libre cours à toute leur imagination et à leur talent.

Doc Justice revenant d’un congrès à Djakarta se retrouve par hasard au Japon, son avion ayant été dérouté afin d’éviter un typhon (on appelle ainsi les ouragans dans cette région du monde). On apprend alors que le héros a passé une partie de son adolescence dans ce pays où son père, ingénieur, était en poste.

Depuis le début de la série, une sorte de mystère, sans être un secret, entoure la jeunesse de Ben. On sait qu’il apprit son art auprès de maître Hiamuri, et c’est à peu près tout. Aussi, ce n’est pas sans émotion, que l’on partage d’ailleurs avec le héros, que l’on découvre un pan de son histoire. Emotion d’autant plus vive que Dr Justice parle peut-être pour la première fois de la mort de son Maître.

La deuxième page se suit comme un guide touristique et l’on découvre, émerveillé avec nos yeux d’enfant, ce pays si lointain et mystérieux.

On peut saluer les 2 auteurs qui ont l’art de nous transporter ainsi à l’autre bout du monde en une page qui met aussi en scène toute la suite à venir…
Et puis nous arrivons à ce fameux temple, cette école d’arts martiaux toute auréolée de mystère. Et là, c’est le talent du dessinateur Marcello qui est à remercier car nous voilà devant de magnifiques cerisiers à fleurs, que nous imaginons bien dans toute leur splendeur dans ces dessins pourtant en noir et blanc.

Arrivé là, Dr Justice surprend un groupe de fanatiques nationalistes au nom évocateur d’Hommes du Sabre. Leur garde du corps, Shiga Basho, est un adepte du Sumo, art de combat emblématique du Japon. Notre toubib se fait surprendre en train d’espionner discrètement ce qui se trame dans une des salles du temple. Son légendaire 6ème sens du judoka n’a à l’évidence pas fonctionné sur ce coup-là… On remarquera dans les dessins ci-dessous la subtile manière qu'à marcello de rendre l'effet de pénombre du couloir!!!!

NORMAL !!!! Car le perfide sumotori, malgré ses trois cents livres se déplace tel un félin. On peut remarquer à l’occasion la manière dont Marcello arrive à bien rendre l’atmosphère sombre de ce couloir…
C’est alors un engagement physique extraordinaire, une lutte entre deux experts martiaux. C’est en fait la première fois que l’on voit le Roku-dan justice combattre ainsi un autre adepte d’art martial extrême-oriental. Jusqu’ici, il avait bien eu maille à partir avec des méchants ayant déjà pratiqué le Judo ou le Karaté, mais ces gars-là ne possédait pas l’essence secrète de leur art. Et c’est tout naturellement que Ben se débarrassait d’eux.

Ici, c’est autrement plus délicat car on peut supposer que le sumotori a voué sa vie à cette discipline. Mais le judoka l’emporte tout de même cette fois-ci. Victoire de la souplesse sur la force brute !!!!
Hélas, l’ennemi est trop nombreux et c’est sous la menace de katanas (sabre japonais) que le docteur est obligé de se rendre et laissé à la garde du lutteur. Celui-ci ayant soif de vengeance voudra en découdre une fois de plus, cette fois-ci armé d’un couteau.

Il a malheureusement pour lui sous-estimé son adversaire et c’est grâce à une fine stratégie que le judoka se débarrasse une fois de plus de cette montagne de viande. Ce deuxième affrontement nous donne l’occasion d’admirer une des plus belles planches de combat créée par Marcello. On remarquera son talent à reproduire les musculatures, les physionomies des corps et la fluidité des dessins qui rend vraiment la scène vivante.

Le champ est libre et Dr Justice peux enfin partir de sa prison ouverte par le lutteur trop sûr de lui. On retrouve alors les cerisiers en fleurs à l’extérieur du temple.

Face à un pseudo samouraï armé d’un katana, le danger est extrême. Aussi, Dr justice emploie le fameux cri que l’on a pu découvrir dès le premier numéro (PIF 69), le Kiaï !!!! Suivi d’une de ces allusions au passé grâce à une sorte d’estampe narrant les aventures de rônins ou samouraïs d’antan.

La suite est, pourrait-on dire, classique pour Benjamin Justice. Effet du Kiaï garanti, et adversaire mis KO d’un atémi judicieusement appliqué. Mais il restait encore un ennemi (outre le sumotori…) qui tente alors de fuir afin d’alerter ses complices en train de mener à bien leurs sinistres projets. Empêché par Dr Justice, le malfrat se blesse méchamment en accidentant sa voiture contre un arbre; et en plus un magnifique cerisier aux fleurs blanches.

Notre bon docteur ne peut laisser celui-ci dans cet état et entreprend de suturer sur le champ sa vilaine blessure. TROP BON CE DR JUSTICE….

La suite est plus ou moins classique. Dr justice rejoint la ville proche où l’attentat fomenté par la secte fanatique doit se perpétrer. Les 8 pages suivantes nous baignent dans une foule bigarrée de japonais en liesse, occasion de découvrir de nombreux costumes locaux et traditionnels.

Il y aura bien sûr une dernière confrontation musclé avec un samouraï d’opérette. Cet ultime combat est expédié en 3 ou 4 petits dessins comme pour souligner l’imminence de l’explosion et l’urgence pour ben de tenter quelque chose. Ce quelque chose sera un appel lancé du haut d’une tour, tour que Dr Justice aura escaladé au péril, bien-sûr de sa vie. Grâce à sa force de persuasion, il convaincra le journaliste installé là-haut de lancer cet appel afin que tout le monde s’écarte du danger.

L’explosion se produit alors mais plus personne n’est dans le périmètre dangereux. La police arrête les terroristes et Dr Justice est fêté comme un héros qu’il est.
Adieu Temple d’Okazaki qui a vu Benjamin Justice accéder aux plus hauts degrés du Judo et où l’ombre du bienveillant Maître Hiamuri dort toujours. Il nous reste en mémoire la toute blancheur des cerisiers en fleur…