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Voilà donc la deuxième aventure au titre énigmatique de « Les Six samouraïs » racontant le retour aux sources martiales de Dr Justice, à savoir le fameux temple de feu Maître Hiamuri. Cette histoire se déroule en 18 planches, elle est parue dans le PIF gadget N°/251 en décembre 1973, qui ne fait donc plus partie de la PERIODE ROUGE. Je vous présente ci-après la couverture seule car il n’y a pas de sommaire dans ce numéro.

Contrairement au précédent scénario du N°/131 (sorti presque 2 ans et demi plus tôt…) où Benjamin revenait par hasard sur les lieux de son initiation martiale à cause d’un ouragan, notre docteur volant revient sciemment au Japon suite à une étrange convocation. La première page nous offre déjà le symbole de ce pays du soleil levant : la Fleur de Cerisier. Celle-ci est remise au héros par une sémillante hôtesse de l’air.

Et donc le mystère déjà car le but réel de ce voyage est inconnu de Dr Justice. A noter que le temple qui lors de la précédente aventure s’appelait « Temple d’Okazaki » est devenu « Temple d’Odawara !?! Il est vrai cependant que Okazaki désignait la ville où se situait cet édifice.

S’ensuit une rapide évocation de la disparition de Maître Hiamuri, moment exceptionnel pour le lecteur qui retrouve toujours avec émotion ces allusions au passé. Allusions d’autant plus émouvantes qu’on y retrouve alors Benjamin accompagnant son vieux Maître.

Comme toujours, il s’ensuit une mise en situation géographique où l’auteur nous parle du Japon et du lieu de déroulement de l’action. Et quoi de plus symbolique que le mont Fuji, la montagne sacrée. Puis c’est l’arrivée au vieux temple d’Odawara où les ruines sont à toujours marquées de la présence de Maître Hiamuri. Et encore la fleur de cerisier…

La quatrième planche nous fait entrer dans le vif du sujet de cette haletante et singulière aventure. Le héros est accueilli par 6 pratiquants d’arts martiaux en tenue de combat, le Judogi. Sont-ils d’anciens adeptes du Maîtres inconnus de Ben ou bien s’apparentent-ils plutôt à de sombres mercenaires animés par de funestes intentions ? La réponse viendra bien vite !

Et c’est alors un mémorable combat qui s’engage dont l’issue est plus qu’incertaine car le Roku-Dan a affaire à des experts martiaux venus nombreux. Quel bonheur tout de même pour le lecteur de voir ainsi Dr Justice en prise avec de tels combattants et qui plus est vêtus du kimono blanc du pratiquant. Cela amène toujours un certain suspens lorsque le héros est ainsi mis à rude épreuve et que le piédestal chancelle quelque peu…

Comme on pouvait s’y attendre, on découvre alors avec joie 2 belles planches de combat où tout l’art du dessinateur est de nouveau mis grandement en valeur. Situation complètement nouvelle que cette scène qui nous montre Dr Justice combattant de vrais experts en art martial, comme lui. Et c’est un vrai moment jubilatoire qu’il ait donné ici de vivre, suspens et incrédulité face à notre héros qui finalement mord la poussière. On notera cependant que Dr Justice est ici vaincu car l’ennemi est à la fois plus nombreux et très expérimenté.

Nous avons ensuite rapidement l’explication de ce guet-apens. Ces 6 samouraïs qui donnent le titre à cette histoire sont décidés à mettre la main sur un fabuleux diamant rose en forme de… Fleur de Cerisier ! Seul Benjamin Justice connait la cachette de ce merveilleux trésor. Bien décidés à faire parler notre Roku-Dan, ceux-ci ont d’emblée voulu faire la démonstration de leur force et de leur détermination. C’est pourquoi ils ont rudement mis KO Dr Justice sans autre préambule.

Dr Justice avouera-t’il si facilement son secret ? Comment vont s’y prendre les 6 brigands pour arriver à leurs fins ? C’est ce que nous découvrons plus loin avec en arrière plan le décor de ce temple enchâssé dans un écrin de fleurs de cerisiers. Dr Justice devra parler ou périr après mille souffrances infligées par les lames des sabres des samouraïs. Pour ce faire, il est emmené sur une terrasse depuis laquelle ses tortionnaires comptent bien le précipiter. Les autres comparses l’attendent plus bas, armés de leur Katana.

Et c’est alors que ces cerisiers aux fleurs resplendissantes prennent toute leur importance car dans un Kiaï de victoire, Dr Justice se lance dans le vide jusqu’à une branche salvatrice. Ainsi, ce symbole de pureté qu’est la fleur de cerisier devient le sanctuaire protecteur permettant à notre héros d’échapper à ses ravisseurs.

Evoluant d’arbre en arbre, Dr justice parvient au toit d’un autre bâtiment, non sans avoir risqué de peu d’être embroché par un sabre lancé par un des sbires. Il s’ensuit bien évidemment deux rapides combats que Ben gagne haut la main. On apprend au passage que son Maître Hiamuri ne lui a jamais enseigné l’art du sabre. Ses connaissances du maniement d’arme sont limitées au bâton grâce au Jo-Jitsu. On peut y voir la volonté des auteurs qui ne désirent pas que leur héros utilise toute arme mortelle y compris le sabre. Même si on ne doute pas qu’un bâton convenablement manié puisse donner la mort…

Après une haletante cavalcade Dr Justice réussit à rejoindre son véhicule, un coupé sport de marque Mazda…, mais un des samouraïs réussit tout de même à sauter sur le derrière du bolide. Et c’est de nouveau une branche de cerisier qui sauvera le docteur, et ce d’une manière très inattendue.

Les brigands, conscients de leur échec quittent le temple. Justice revient quant à lui sur les lieux, accompagné de Judokas. Et l’on apprend que le Roku-Dan a d’abord pratiqué le Judo dans une autre école avant de rejoindre celle de Maître Hiamuri. Ce sont des amis pratiquants de cette premier Dojo que nous retrouvons en compagnie du docteur.

Et Dr Justice d’expliquer ensuite que le temple a été souillé par les néfastes intentions des six samouraïs. Maître Hiamuri avait laissé à Ben des instructions on ne peut plus claires. Benjamin DOIT détruire ce fabuleux diamant, diamant rose que l’on peut contempler une dernière fois entre les doigts du judoka.

Mais ce symbole de pureté a réveillé les instincts les plus noirs chez des Budokas, des pratiquants de Judo. Et cela est inadmissible. Dr Justice détruira donc par le feu la pierre étincelante devant un Bouddha serein, ultime gardien des vieilles pierres. Un peu comme si Maître Hiamuri disparaissait une seconde fois.


Nous retrouvons Dr Justice pour la fin de l’aventure dans l’avion qui l’emmène loin du Japon, loin de son Maître vénéré et des souvenirs. Dr Justice qui est un être honnête, convaincu des véritables valeurs de droiture du Judo ne peut admettre cette trahison de la part de judokas. Il aura un dernier geste de dépit en écrasant la fleur de cerisier que la même hôtesse lui offrait. Mais nous savons que son Maître est toujours derrière lui, le guidant toujours sur la voie du Budo.

Cette si particulière aventure de Dr Justice est parue aux moments des fêtes de Noël, et s'il n'y a point de neige dans cet épisode, la voluptueuse omniprésence des fleurs de cerisiers nous rappelle sans cesse les flocons d'une blancheur immaculée...